L’estime de soi, ou plutôt le déficit d’estime de soi, est une problématique courante. On la rencontre souvent en coaching. L’intérêt du concept tient à la fluctuation du niveau d’estime de soi au cours de la vie ou selon l’environnement. Cela rend possible le renforcement d’une estime de soi insuffisante et de l’affirmation de soi par différentes techniques. Mais au fait, quelle est la définition de l’estime de soi et comment fonctionne-t-elle ? Et quelle est la différence avec la confiance en soi ?

Quelle est la valeur que je me donne ?

Que les choses soient claires : « Il n’existe pas de définition universellement acceptée de l’estime de soi », constate la psychothérapeute et spécialiste en PNL Josiane de Saint Paul dans son livre Estime de soi, Confiance en soi. Aussi étonnant que cela puisse paraître, Christophe André et François Lelord publient un ouvrage complet sur le sujet (L’Estime de soi) en ne donnant aucune autre définition que celle d’un adolescent : « L’estime de soi ? Eh bien, c’est comment on se voit, et si ce qu’on voit on l’aime ou pas ».

En fait, les deux auteurs définissent l’estime de soi par ses trois composantes : amour de soi, vision de soi, confiance en soi. Mais en dehors de ces trois ingrédients, qu’est l’estime de soi ? Morris Rosenberg la définit ainsi : « L’estime de soi désigne l’attitude plus ou moins favorable de l’individu envers lui-même, la considération et le respect qu’il se porte, le sentiment qu’il a de sa propre valeur en tant que personne.

Une bonne estime de soi est donc une attitude intérieure qui consiste à considérer que l’on a de la valeur, que l’on est unique et important », rappelle Rebecca Shankland, spécialiste française de la psychologie positive, dans son livre La Psychologie positive.

Les deux courants clés de l’estime de soi

Josiane de Saint Paul synthétise les deux courants qui existent autour du concept d’estime de soi. Le premier, qui a pour chef de file la psychothérapeute américaine Virginia Satir, insiste sur l’importance et la valeur intrinsèque de l’être humain. Pour avoir de la valeur, il n’y a rien à faire, il suffit d’être. L’estime de soi est ainsi liée au fait d’ « apprécier ma propre valeur et mon importance », à l’acceptation de soi.

C’est la position existentialiste de l’acceptation inconditionnelle de soi résumée par Albert Ellis, qui a développé la thérapie rationnelle-émotive : « Comme tous les humains, je manifeste des intentions et j’opère des choix. Du moment que j’existe, que je fais partie de la race humaine et que je suis en quelque sorte unique, je choisis de m’accepter inconditionnellement, indépendamment de mon degré de réussite et de l’approbation d’autrui (…). Ma valeur humaine ne dépend pas de mes réalisations ni de l’approbation des autres. Elle repose uniquement sur mon choix d’être vivant, humain et unique. »

Pour le second courant, l’estime de soi est liée à la possibilité de compter sur soi-même et sur sa capacité à penser et à agir en accord avec son propre jugement. Selon ce courant incarné par Nathaniel Branden, « l’estime de soi est la disposition à se considérer comme compétent pour faire face aux défis de base de l’existence et digne d’être heureux », résume Josiane de Saint Paul.

Selon Abraham Maslow, l’estime de soi est un besoin fondamental

Co-fondateur de la psychologie humaniste, Abraham Maslow (1908-1970) apporta, dans les années 50, une contribution décisive. Sa théorie de la motivation humaine établit que nos besoins, régulés par le cerveau, sont hiérarchisés et forment la base de notre motivation.

Elle sera modélisée sous la forme de sa célèbre pyramide avec cinq niveaux de bas en haut. La satisfaction du besoin d’estime de soi, quatrième besoin fondamental, donne accès à l’état psychologique le plus abouti selon Abraham Maslow, l’autoajustement permanent, qui offre l’équilibre de la personnalité et répond au besoin d’accomplissement.

La pyramide de Maslow

Confiance en soi et estime de soi : bonnet blanc et blanc bonnet ?

Nombre de personnes confondent estime de soi et confiance en soi, deux concepts pourtant différents. D’après Christophe André et François Lelord, la confiance en soi, la vision de soi et l’amour de soi sont les trois composantes de l’estime de soi : « Un bon équilibre entre chacune de ces trois composantes est indispensable à l’obtention d’une estime de soi harmonieuse ».

Passons en revue ces trois ingrédients :
L’amour de soi. C’est l’élément le plus important : « S’aimer soi-même est bien le socle de l’estime de soi, son constituant le plus profond et le plus intime. » Cet amour de soi est inconditionnel : il ne dépend pas de nos performances ;

La vision de soi. C’est le regard que l’on porte sur soi, l’évaluation : « L’important n’est pas la réalité des choses, mais la conviction que l’on a d’être porteur de qualités ou de défauts, de potentialités ou de limitations. » Ce qui laisse place à la subjectivité. Positive, elle est une force intérieure. Négative ou faible, elle met l’individu en dépendance d’autrui, en difficulté ;

La confiance en soi. Elle s’applique sur les actes : « C’est penser que l’on est capable d’agir de manière adéquate dans des situations importantes. »

Sylvain Seyrig

Bibliographie
• Estime de soi, Confiance en soi, Josiane De Saint Paul, 1999, éditions Interéditions.
L’Estime de soi, Christophe André et François Lelord, 2007, éditions Odile Jacob.
• La Psychologie positive, Rebecca Shankland, 2014, éditions Dunod.
• Dominez votre anxiété avant qu’elle ne vous domine, Albert Ellis, 2011, Les
Editions de l’homme