Le manque d’estime de soi et la mauvaise image de soi constituent une problématique fréquente pour les personnes que j’accompagne en coaching de vie à Paris. Existe-t-il une fatalité ? Que nenni ! Voici cinq idées empruntées à la psychologie adlérienne pour renforcer son estime de soi, améliorer son image de soi et ne plus dépendre du jugement des autres.

Vous manquez d’estime de soi dans votre vie professionnelle ou personnelle ? L’image que vous avez de vous-même dépend de l’approbation et du jugement d’autrui ? Pour renforcer son estime de soi et avoir une image de soi plus positive, un moyen efficace est de commencer par modifier son rapport aux autres. Attention, il ne s’agit pas de changer l’autre mais bien de changer son regard sur l’autre, sa relation à l’autre. La nuance est importante.

L’idée première est, plus précisément, de ne pas laisser son estime de soi aux mains d’autrui. Autrement dit, de ne pas remettre les clés de « mon être et de ma valeur » aux autres.

1. Ma valeur est inconditionnelle : elle ne dépend pas des autres

Reprenons au préalable la définition de l’estime de soi. L’estime de soi est « la valeur que je me donne ». Une définition sur laquelle je suis revenu plus en détail lors d’une conférence à Paris, en mai 2019, dont voici un extrait :

« Il existe deux courants clés de l’estime de soi. Le plus important a pour chef de file la psychothérapeute américaine Virginia Satir. Il insiste sur l’importance de la valeur intrinsèque de l’être humain. Pour avoir de la valeur, il n’y a rien à faire, il suffit d’être.

C’est la position existentialiste de l’acceptation inconditionnelle de soi résumée par Albert Ellis, psychologue américain qui a développé la thérapie rationnelle-émotive, un concept clé du coaching cognitif et comportemental.

Albert Ellis déclare : « Du moment que j’existe, que je fais partie de la race humaine et que je suis en quelque sorte unique, je choisis de m’accepter inconditionnellement, indépendamment de mon degré de réussite et de l’approbation d’autrui (…). Ma valeur humaine ne dépend pas de mes réalisations ni de l’approbation des autres. Elle repose uniquement sur mon choix d’être vivant, humain et unique. »

Voilà une très belle citation d’Albert Ellis, ô combien importante et très réconfortante. Si tout être humain a une valeur inconditionnelle et incontestable, j’ai moi aussi une valeur inconditionnelle et incontestable. En 1986, Morris Rosemberg a résumé l’estime de soi : c’est la valeur que je me donne en tant que personne, unique et importante. 

En clair, tout le monde est différent, mais quelles que soient nos différences, nous sommes tous égaux avec une valeur universelle incontestable. »

2. Ne plus avoir besoin de l’approbation des autres

Ainsi redéfinie, l’idée d’estime de soi implique deux modifications dans les relations aux autres. Ma valeur intrinsèque est indépendante des pensées et du jugement des autres. En conséquence :

• Je n’ai plus besoin d’être en attente de signes de reconnaissance des autres et d’être à l’affût de l’évaluation par mon entourage.
• Je peux réduire ma sensibilité aux événements extérieurs négatifs, en particulier à la critique et aux émotions agressives de l’autre.

En résumé, le premier moyen pour renforcer sa confiance en soi et d’améliorer son image de soi est de se dire : « Je garde le pouvoir sur mon estime de soi. Elle m’appartient. Je m’appartiens. Je n’ai plus besoin de l’approbation des autres, de leur OK. »

3. Avoir le courage de ne pas être aimé !

Avoir une bonne estime de soi, c’est donc « avoir le courage de ne pas être aimé ». Voilà une idée étrange et provocante. C’est pourtant le titre d’un livre sur Alfred Adler (1), grand psychologue autrichien du XXe siècle, peu connu en France. Trop peu reconnu. C’est l’un des trois géants avec Freud et Jung. Né en 1870 non loin de Vienne, il est le père de la psychologie individuelle. Sa rupture avec Freud a lieu sur une opposition fondamentale. Selon Alfred Adler, l’individu est par nature libre. Il n’est pas commandé par ses instincts et ses pulsions.

La psychologie adlérienne s’intéresse à une question simple et finalement très philosophique : comment être heureux ? Pour répondre à cette question, Alfred Adler, comme pour bien d’autres après lui, constate que « tous les problèmes sont des problèmes interpersonnels ». L’ombre des autres n’est jamais loin.

Plus précisément, l’idée centrale d’Alfred Adler est : on ne doit pas vivre pour répondre aux attentes des autres. Il convient de mettre à distance le souhait conscient ou inconscient de vouloir être reconnu par les gens, d’être accepté par ses proches.

Cette idée est au cœur du livre « Avoir le courage de ne pas être aimé ». Un livre formidable que je vous encourage à lire. Vendu à plusieurs millions d’exemplaires, en particulier au Japon, il prend la forme d’un savoureux dialogue entre un philosophe adlérien et un jeune homme candide.

Un livre formidable à lire : Avoir le courage de ne pas être aimé, Ichiro KISHIMI, Fumitaka KOGA, éditions Guy Trédaniel éditeur.

Plutôt que de paraphraser Alfred Adler, voici un extrait de ce livre (page 150) :
« Il n’est pas nécessaire de répondre aux attentes des autres (…). Si tu ne comptes pas vivre ta vie pour toi-même, alors qui va le faire pour toi ? (…) Qui pourrait bien la vivre à ta place ? En fin de compte, on ne vit qu’en pensant à soi-même. Il n’y a aucune raison de ne pas penser comme cela.

Lorsqu’une personne recherche la reconnaissance des autres et ne se soucie que de la manière dont les autres la jugent, elle finit par vivre la vie d’autrui.

A tellement souhaiter être reconnu, on en vient à mener une vie où l’on poursuit les attentes des autres (…). Autrement dit, tu jettes celui que tu es vraiment et tu vis la vie des autres. »

Ainsi, nous sommes là pour vivre notre vie et ne pas attendre la reconnaissance des autres.

4. Le jugement de l’autre est son affaire, pas la nôtre

Alfred Adler prône donc ce qu’on appelle la « séparation des tâches ». Tout ce que l’on a à faire par rapport à sa propre vie, c’est de choisir ce que l’on pense être le meilleur chemin.

Le jugement porté par les autres sur ce chemin est de leur ressort et on n’y peut rien. C’est leur affaire, c’est leur « tâche ». On n’est pas là pour plaire à l’autre. C’est cela, la séparation des tâches.

Venons-en « au courage de ne pas être aimé », phrase devenue le titre de ce livre. Qu’est-ce que la liberté ? C’est tout simplement que quelqu’un ne nous aime pas.

Reprenons la lecture, page 185 : « La liberté, c’est que quelqu’un ne t’aime pas (…). C’est que tu déplaises à quelqu’un. C’est la preuve que tu exerces la liberté et que tu es un homme libre, et un signe que tu vis en accord avec tes propres principes. Il est indéniablement pénible de ne pas être aimé (…). Mais se conduire de façon à toujours être aimé, c’est vivre en se privant de liberté, et en plus c’est impossible. »

D’une certaine façon, cette pensée adlérienne est reprise dans les fameux Quatre accords toltèques, écrits bien plus récemment par le mexicain Don Miguel Ruiz.

5. Le bonheur, c’est d’apporter une contribution aux autres

Pour améliorer son image de soi, Alfred Adler pointe ensuite l’importance d’apporter une contribution à la communauté. Poursuivons la lecture de notre livre, page 288 :

« Le sentiment d’apporter quelque chose à la communauté ou d’être utile à quelqu’un est la seule chose qui puisse apporter à un individu le sentiment intime qu’il a de la valeur. » Peu importe si la contribution est effectivement utile ou non, ce qui compte est d’avoir le « sentiment » de contribution : « Lorsque nous parlons de contribution aux autres, peu importe si c’est une contribution qui n’est pas visible (…). Ce n’est pas toi qui décide si tes contributions sont utiles. C’est la tâche des autres, et ce n’est pas quelque chose sur quoi tu peux intervenir. »

En clair, pour le père de la psychologie individuelle, peu importe que la contribution apportée soit réelle et visible. Ce qui suffit, c’est d’avoir le sentiment subjectif d’être utile à quelqu’un, d’avoir un « sentiment de contribution ».
Et pour lui, le bonheur, c’est ressentir ce sentiment de contribution. Il définit le bonheur ainsi. 

En résumé…

Pour avoir une image plus positive de soi, on peut modifier son rapport aux autres, mais on peut également modifier son regard sur moi-même :

• 1. Je suis un être vivant, humain et unique. J’ai une valeur universelle, inconditionnelle et incontestable. Elle ne peut être contestée ni par les autres ni par moi.

• 2. Je ne donne pas à autrui les clés de mon estime de soi et de mon image de soi.

• 3. Je peux cesser d’être le juge le plus sévère de moi-même.

• 4. Pour ressentir le bonheur, je me peux me mettre en action pour apporter une contribution utile à autrui. J’aurai ainsi le sentiment de contribution, qui définit le bonheur selon Alfred Adler.

Sylvain Seyrig, coach professionnel à Paris

• Bibliographie (1)
Avoir le courage de ne pas être aimé, Ichiro KISHIMI, Fumitaka KOGA, éditions Guy Trédaniel éditeur, 336 p, 19,90 euros

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