La colère est par définition une émotion souvent forte et puissante, tant en ressentis intérieurs et comportements pour la personne en colère que par ses effets sur celle qui la « reçoit ».
Personnellement, la colère est l’émotion que j’aime le moins. En fait, celle des autres comme la mienne me font peur. Mais ce n’est pas une raison pour éviter d’en parler, y compris lors d’un coaching de vie ou d’un coaching en entreprise. Au contraire, plongeons-nous dans la colère en commençant par sa définition.

Définition de la colère

La colère appartient à la catégorie des émotions. A l’instar des autres émotions que sont la peur, la tristesse et la joie, la colère est un état de conscience complexe et momentané, qui survient souvent brusquement. Elle est caractérisée par des « sensations physiques de plaisir ou déplaisir ».

Comme toute émotion, la colère vient en réponse à des stimuli environnementaux. C’est-à-dire qu’elle est une réaction à un évènement, à quelque chose qui est survenu.

Définition du Larousse
Selon le Larousse, la colère est un « état affectif violent et passager, résultant du sentiment d’une agression, d’un désagrément, traduisant un vif mécontentement et accompagné de réactions brutales : Se mettre en colère

Définition du Robert
Selon le dictionnaire Le Robert, la colère est un « violent mécontentement accompagné d’agressivité.

Définition du CNRTL
Selon le CNRTL, la colère est une « vive émotion de l’âme se traduisant par une violente réaction physique et psychique.

Quand la colère survient-elle ? A quoi sert-elle ?

La colère est une réaction au sentiment d’injustice, à la frustration. Sa fonction utile est de permettre à la personne de rétablir son intégrité, de s’affirmer. La colère est par définition une course de la personne vers le sentiment de justice et reconnaissance.

Le but de la colère est d’obtenir un changement, de rétablir ce qui semble juste. Par exemple, c’est le parent qui s’énerve pour amener l’enfant à changer de comportement : ranger sa chambre, finir son assiette…

Les différentes formes de la colère

La colère n’a pas qu’un seul « habit » : elle peut adopter différentes formes aux intensités et effets variables. Autrement dit, elle s’habille et se déguise sous de nombreuses variantes. Par exemple, une personne peut être « juste crispée » ou « totalement enragée ». Le fossé entre les deux est très large entre ces deux états et ce sont pourtant deux formes de colère.

• Formes de colère aux intensité les plus faibles
On peut être : agacé, contrarié, crispé, courroucé, de mauvaise humeur, fâché, frustré, mécontent, nerveux, irrité, remonté, etc.

• Formes de colère aux intensité les plus fortes
On peut être : enragé, énervé, en colère, enragé, exaspéré, excédé, furieux, haineux, etc. Ce sont là des formes de colère aux intensités nettement plus élevées que les précédentes.

Les effets et manifestions de la colère

Une émotion génère par définition des « sensations physiques de plaisir ou déplaisir ». Pour la personne, la colère se traduit par des effets intérieurs et des manifestations extérieures visibles par autrui.

• Effets intérieurs de la colère
La colère a des conséquences physiques et psychiques sur la personne : accélération cardiaque, crispation musculaire, agitation et focalisation psychiques, etc.

• Manifestations extérieures de la colère
On reconnaît la colère au ton de voix qui s’élève (on crie ou parle fort), aux yeux écarquillés, à la respiration forte et rapide (accélération cardiaque), au changement de teint (rougissement), à l’agitation comportementale (on tape des doigts ou des pieds, on se lève, on va-et-vient…), etc.

La colère se traduit généralement par une agressivité physique qui peut être verbale (les mots prononcés), para-verbale (intonation et volume de la voix) et gestuelle. On va vers l’autre, on se penche vers lui, on le menace… Et cela peut aller jusqu’à donner des coups.

Rappelons au passage les colères rentrées c’est-à-dire non-exprimées ou faiblement exprimées verbalement, qui peuvent se traduire par un sentiment intérieur de « bouillonnement » et un comportement tendu avec, par exemple, la bouche fermée avec tension musculaire forte.

Quatre conseils pour gérer ma colère et celle des autres

Conseil n°1 : laisser la colère retomber
« La colère est une courte folie », affirmait Horace. Et en effet, la colère est souvent momentanée, plus courte que les autres émotions que sont la peur et la tristesse. Elle est un peu comme un soufflet au fromage. Sauf que le soufflet, il est bon quand il est gonflé à bloc ! La colère gonflée à bloc, c’est plus périlleux si l’agressivité atteint un haut niveau ou si la personne « perd le contrôle d’elle-même » avec des conséquences comportementales non-désirées.

Mieux vaut (parfois) attendre qu’elle retombe ou tout au moins redescende, qu’elle adopte une variante moins puissante et intense. Par exemple, que la colère ou l’exaspération ne soit plus qu’agacement ou légère crispation. La discussion en sera généralement plus aisée.

Pourquoi ? L’expression de la colère est une communication à sens unilatérale où la personne en colère devient largement étanche à autrui, centrée sur le sac qu’elle vide et sur elle-même. Elle perd sa capacité d’écoute et de perméabilité aux autres et à son environnement. Le risque de rupture de communication est fort. La colère peut être comme l’orage : mieux vaut attendre qu’elle passe.

Conseil n°2 : redonner place à la raison
Comme toute émotion, la colère est une construction intellectuelle que la personne met en place. Elle est la réaction à une situation que l’on qualifie d’injuste. Autrement dit, ressentir de la colère est une vue de l’esprit. « Lorsque donc quelqu’un te met en colère, sache que c’est ton jugement qui te met en colère », affirmait ainsi Epictète.

La preuve ? Dans une même situation, une personne se mettra en colère, une autre sera triste alors qu’une troisième pourra être indifférente. Une quatrième personne pourra réagir en relativisant avec humour ou dérision. Ce sont les filtres et le référentiel personnels qui vont mener une personne à ressentir de la colère plutôt qu’une autre émotion.

Si l’on reprend la sémantique d’Epictète, on peut donc s’interroger sur son jugement quand on est en colère, et éventuellement prendre de la distance avec afin de redonner place à la raison.
Et suivons la pensée de Sénèque : « la raison veut décider ce qui est juste ; la colère veut qu’on trouve juste ce qu’elle a décidé. »

Conseil n°3 : respirer, méditer
Adapter un mode de respiration profonde peut permettre d’atteindre une sensation d’apaisement et de réduire le rythme cardiaque qui s’est accéléré avec l’apparition de la colère. La méditation peut également être moyen de prendre de la distance avec la colère et le sentiment d’injustice et de manque de reconnaissance qui est à son origine.

Conseil n°4 : modifier sa communication à l’autre
La colère génère une violente réaction physique et psychique. Tel est un point clé de sa définition. Cela se traduit par un comportement et une communication de type agressif.

L’un des moyens pour réduire le degré de colère est de modifier sa relation et son mode de communication à l’autre. Comment ? En recourant à son affirmation de soi et à une attitude d’assertivité. C’est-à-dire en utilisant sa capacité à valoir ses besoins, ses désirs, ses opinions et ses valeurs et agir en accord avec eux, sans concession inutile ni agressivité. L’assertivité est résumée par une expression imagée : être « ni hérisson ni paillasson ».

L’assertivité peut être couplée à l’usage de la communication non violente (CNV). Ce qui permet d’exprimer son sentiment d’injustice et de non reconnaissance avec davantage de justesse, calme et distance qu’en puisant dans le registre de la colère profonde.

Sylvain Seyrig, coach professionnel à Paris

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