Si vous vous laissez aller à culpabiliser pour rien ou pour tout, ou encore pour une chose bien précise, penchez-vous sur les idées d’Yves-Alexandre Thalmann. Auteur du livre Au diable la culpabilité (éd. Jouvence), ce psychologue est venu de Suisse pour une conférence sur cet épineux sujet. Elle était organisée à Paris par Les Rencontres perspectives, et j’y étais !
Voici en résumé les idées d’Yves-Alexandre Thalmann pour faire un sort à cette culpabilité parasite qui a tendance à vous « pourrir la vie ».

Définition du sentiment de culpabilité

Le sentiment de culpabilité est une impression de ne pas avoir agi « assez bien » dans une ou plusieurs situations. Il est lié au comportement et se distingue du sentiment d’être honteux, relié pour sa part à l’impression de « ne pas être assez bien ». Ainsi honte et culpabilité se différencient-elles.
Le sentiment de culpabilité est un jugement, une évaluation de son comportement. Cette petite (ou grande) voix intérieure dit : « Je n’ai pas agi comme il fallait et ce n’est pas bien ». Avec des émotions désagréables ou un sentiment d’échec à la clé.

Les regrets accompagnent la culpabilité comme deux wagons d’un même train : ils sont attachés l’un à l’autre. Dans les faits, nous regrettons souvent davantage ce que nous n’avons pas fait plutôt que ce que nous avons effectivement fait. C’est le fameux « J’aurais dû faire ceci. Ce qui aurait évité ce qui est arrivé. » Nous comparons la situation à un idéal qui ne s’est pas produit.

Gendarme intérieur tyrannique et envahissant

Yves-Alexandre Thalmann introduit la notion de «  culpabilité morbide » créée par un gendarme intérieur devenu arbitraire, tyrannique et trop envahissant. Cette culpabilité morbide a effet néfaste sur notre psychologie : elle nous fait nous sentir fautifs même si nous n’avons pas mal agi.

Par exemple, nous pouvons nous sentir coupable :
• de la séparation de nos parents
• de mieux réussir que nos frères et sœurs
• d’avoir perturbé nos enfants en ayant divorcé
• d’être homosexuel
• d’avoir placé nos enfants à la garderie
• d’avoir placé un parent dans une maison de retraite
• etc.

Comment arrêter de culpabiliser à tort ?

Pour arrêter de culpabiliser à tort et regagner confiance en soi, il convient de se souvenir que, face à une situation donnée, chaque être humain a le pouvoir de décider de son sort : de ses pensées, de ses émotions, de ses actions. Oui, je suis le seul à pouvoir décider de mes réactions émotionnelles et de mes pensées. Personne d’autre ne peut me les dicter.

Par exemple, face à un licenciement, je peux décider d’être malheureux ou au contraire, de penser, que c’est une chance pour rebondir et vivre ma propre vie. Et personne d’autre que moi ne peut m’imposer l’un ou l’autre. Chacun est intégralement responsable de ses actions, de ses pensées et de ses émotions, insiste le psychologue Yves-Alexandre Thalmann.

Or, en me sentant coupable d’un comportement vis-à-vis d’autrui, je m’attribue la responsabilité du malheur des autres. « Si j’avais mieux agi, l’autre n’aurait pas été malheureux. Il aurait pu être plus heureux. » En clair, je pense que je suis en capacité de rendre quelqu’un malheureux ou heureux par mes agissements.

Et c’est là un dangereux biais, affirme Yves-Alexandre Thalmann : « La culpabilité est un transfert de responsabilité. Elle brise l’idée du libre-arbitre d’autrui. Si je me sens coupable, je me mets dans une situation où l’autre n’a plus son libre-arbitre d’être. Il n’a plus la liberté de faire ce qu’il souhaite. »

En finir avec l’égocentrisme !

Et si l’autre n’a plus de libre-arbitre, c’est que je suis… tout-puissant. Mauvaise pioche ! Mauvaise idée car c’est un signe que nous sommes montés dans l’ascenseur de l’égocentrisme et de la toute puissance.

Lâcher la culpabilité, ne plus culpabiliser, c’est donc lâcher l’égocentrisme où je sais mieux que l’autre ce qui est bon pour lui. Lâcher la culpabilité, c’est redonner à l’autre son libre-arbitre, son pouvoir d’être et d’agir comme il le souhaite. Si je me sens coupable, c’est que j’assume trop les actions, les pensées et les émotions d’autrui. C’est un excès de responsabilité comme il existe des excès de vitesse.

Responsable à 50 / 50 de la relation

En résumé, Yves-Alexandre Thalmann souligne que chacun est responsable à 100 % de ses émotions, de ses pensées et de ses actions et à 0 % de celles des autres. Il n’oublie pas pour autant la co-responsabilité de chacun à 50 / 50 dans la relation. Le comportement de l’un comme celui de l’autre participent pleinement la construction de la relation, comme l’indique sa présentation ci-dessous. D’où l’importance d’agir en conscience.

Morale de l’histoire…

« Pour se libérer de la culpabilité, renonçons à notre fantasme de toute puissance et d’égocentrisme », conclue Yves-Alexandre Thalmann.

Sylvain Seyrig, coach professionnel à Paris

• A lire : Au diable la culpabilité, Yves-Alexandre Thalmann, éd. Jouvence.

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